Une personne qui fait faillite doit-elle demander sa libération au tribunal?
La plupart du temps NON.
La libération d’une première ou d’une deuxième faillite est automatique, sauf dans certaines circonstances exceptionnelles. Ce qui veut dire que vous n’aurez généralement pas à faire face à la Cour dans le cadre d’une faillite.
En cas de 3e faillite ou d’opposition à la libération, une personne doit cependant comparaître devant le Tribunal pour demander sa libération
Au cas de comparution devant la Tribunal de faillite, voici les 4 types de jugement de libération qui peuvent être rendus :
Libération absolue : Le tribunal en vient à la conclusion que vous méritez d’être libéré sans aucune condition, et ce, malgré toutes les représentations qui lui ont été faites par un ou des intervenants lors de l’audition de votre demande libération. Ce jugement équivaut à la libération automatique et votre libération prend effet immédiatement.
Libération suspendue : Le tribunal estime que votre comportement avant ou pendant la faillite a été négligeant ou téméraire mais n’a pas de doute sur votre bonne foi, il peut choisir de remettre votre libération à une date ultérieure. Dans un pareil cas, vous devez continuer à rendre des comptes sur vos affaires au syndic et ce dernier conserve la saisine de vos biens jusqu’à la date fixée par la Cour.
Libération conditionnelle : Le tribunal en vient à la conclusion que votre comportement mérite une sanction plus sévère, il peut assortir votre libération à une condition, généralement monétaire. À titre d’exemple, une personne fait faillite et preuve est faite au Tribunal qu’elle a volontairement fait augmenter le solde de ses cartes de crédit au moyen de multiples avances de fonds juste avant sa faillite et, lorsque questionnée sur l’utilisation des fonds, ne peut fournir des explications logiques démontrant l’absence de mauvaise foi. Dans un pareil scénario, il est fort probable que le Tribunal exige que la totalité ou une partie de la somme en question soit remboursée par la personne ayant fait faillite et que la libération soit suspendue jusqu’au paiement.
Libération refusée : Ce type de jugement est exceptionnel est réservé aux cas les plus lourds, voir de fraude. Lorsque le Tribunal est d’avis que la personne ayant fait faillite est ou a été malhonnête, qu’elle a abusé du système de faillite, il peut refuser la libération. La faillite perd ainsi tous ses effets et les droits des créanciers renaissent comme si aucune faillite n’avait été faite.
Enfin, il faut garder à l’esprit que la décision relative à la libération appartient à la Cour et à son entière discrétion.